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Contrôle de l'internet: faut-il impliquer le gouvernement?

Alain Mc Kenna, Collaboration spéciale, La Presse
06 mars 2009 | 07 h 45 | 11 commentaires
Contrôle de l'internet: faut-il impliquer le gouvernement?
Photo: Photothèque La Presse

Les enjeux sont variés: réglementation de l'internet par le CRTC, investissement public dans la haute vitesse hors des grands centres, contrôle de la bande passante par les fournisseurs d'accès, exode des achats en ligne vers des pays étrangers... De nombreux acteurs du monde des technologies de l'information (TI) s'entendent: l'heure est à la réflexion sur l'impact de l'internet sur l'économie québécoise. Avec ou sans le gouvernement.

Pour en savoir plus
CRTC | Google | Sony | Internet

En 1998, à une époque où l'internet était considéré comme un média émergent, le gouvernement québécois avait nommé un ministre délégué à l'Autoroute de l'information, qui a accouché, tôt en 1999, d'une politique québécoise de l'inforoute. Dix ans plus tard, une éternité dans l'univers des technos, elle n'a jamais été retouchée.

Un directeur de la technologie?

L'internet est présent dans presque tous les secteurs de l'activité au Québec, au bureau, à l'école, à l'hôpital. Pourtant, chacun des bouleversements qu'il crée sur son passage est vu de manière isolée, à la pièce. Ce que déplorent de plus en plus d'entrepreneurs québécois des TI. Depuis l'automne dernier, ils tentent de pousser le gouvernement à amorcer une réflexion d'ensemble par rapport à l'internet et ce qu'ils appellent «l'économie numérique».

Yves Williams, cofondateur de la société Netgraphe et de la Toile du Québec au cours des années 90, est aujourd'hui président de Netsym Communications et créateur du portail AgentSolo.com, destiné aux professionnels de l'internet. Il est de ceux qui aimeraient qu'on développe une stratégie d'ensemble entourant ce nouveau média... de moins en moins nouveau. «J'ai voulu lancer un signal d'alarme, commence-t-il. L'internet change le fonctionnement dans de nombreuses industries. Actuellement, le CRTC en est un bel exemple: il doit décider, tout seul, s'il faut réglementer l'internet, en dehors de toute vision nationale d'ensemble. C'est difficile.»

Le fait que le président américain compte nommer un directeur national de la technologie, qui aura le mandat de moderniser les départements d'État et d'accélérer l'utilisation des TI chez l'oncle Sam, semble une preuve de plus de la pertinence d'une telle prise de conscience. «Plusieurs veulent une plus grande implication du gouvernement. Peu importe, ça prend quelqu'un pour prendre l'initiative et pour guider le développement de l'économie numérique au Québec. Si on veut réellement profiter de l'internet, il faut savoir où on s'en va, sinon une bonne partie de notre économie et de notre culture va être réglée à San Francisco... »

«Des bâtons dans les roues»

Naturellement, tous ne sont pas tellement chauds à l'idée de voir la politique s'insérer dans l'industrie des TI, car qui dit encadrement dit souvent, aussi, contraintes. «D'un côté, le gouvernement nous aide à promouvoir notre expertise à l'étranger, mais d'un autre côté, il nous met des bâtons dans les roues», constate Christian Laforte, président et fondateur de Feeling Software, entreprise montréalaise qui développe des outils de création multimédia pour des géants mondiaux comme Sony et Google.

Récemment, Feeling Software a eu maille à partir avec l'Office québécois de la langue française, car ses outils ont été développés en anglais. L'OQLF ne fait pas grand cas du fait que les clients de M. Laforte soient, «à 99,2%», des entreprises étrangères: il faut tout traduire. «Ils nous traitaient comme des criminels, dit-il. Ils auraient plutôt dû nous aider à tout traduire. »

Échaudé, l'entrepreneur montréalais pense que les TI ne devraient pas demander de traitement de faveur du gouvernement. «Ce n'est pas son rôle de favoriser un secteur de l'économie plus qu'un autre, croit-il. On le fait souvent au détriment d'un autre secteur et ce n'est pas la bonne solution. Si on veut faire comme Obama, il faudrait plutôt investir dans les infrastructures. Ça, ce serait bon pour tout le monde. »

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Commentaires (11)
"Développement" de l'internet ? Le CRTC et ses politiques soviétiques ont déjà détruit la radio et la télévision. Si l'État veut aider un secteur à se développer, il n'a qu'à ne pas se mettre le nez dedans.
Glork2007, 04 mars 2009 à 09h02
Non surtout pas,tout ce que le gouvernement touche ne fonctionne pas.Si le gouvernement serait une compagnie ,cela ferait longtemps que nous serions en faillite.J'ai pas besoin d'etre encadré et d'etre restrein sur le net.
Donc non et non.
Meilleur salutation.
obscur156, 04 mars 2009 à 09h02
J'espère fortement que le gouvernement ne se mettera pas le nez la dedans. Il ne faut surtout pas oublier ce qu'était supposer être internet au départ : Un réseau d'informations vaste ouvert à tous dans lequel tout le monde peut s'impliquer. Le but d'internet était surtout l'équivalent d'une grande encyclopédie facile d'accès. Lorsque les compagnies s'en sont mêler, l'internet est devenu aussi une source de profit pour des compagnies qui se sont mises à vendre des biens et services, et à brevté tout ce qu'il pouvait. L'internet est déja "dénaturisé" d'une certaine façon. Si le gouvernement en prend le contrôle, l'internet deviendra rien de plus qu'une zone d'exploitation pour els compagnies. Sans compter que le CRTC ne sert à rien d'autre selon moi que de censurer.
Marc0084, 04 mars 2009 à 11h31
Contrairement aux autres commentaires, le CRTC pourrait être utile, car il pourrait interdire les pratiques de bandes passantes selon les clients. Autrement, le gouvernement ne devrait pas se mêler d'Internet....
carl1975, 04 mars 2009 à 11h50
Wow Alain, beaucoup de choses à parler..! En premier, il est utopique pour le CRTC de gérer quoi que ce soit dans cet univers qu'est l'internet. Mais bon, on peu quand même laisser les haut dirigants dépenser nos fonds afin qu'ils s'en appercoivent. C'est quand même mieux que de dépenser en armement... Le CRTC ne peu que nuire car il imposera des règles quelconques. Les compagnies qui ne voudront pas les suivres iront simplement dans un autre pays où ces règles ne s'appliquent pas. Eh voila..! Les règles arrètent à la frontière physique du Canada mais l'internet lui n'a pas de frontières!

Sur ce, il y a un gros problème au Québec: l'Internet n'est pas très populaire surtout du coté des marchands. Est-ce que l'Internet devrait être subventionné afin qu'il deviennent un besoin de base nécessaire à tous un peu comme l'hopital, l'éducation et autre? Peut-être. Il ne faudrait surtout pas avoir un espèce de Internet-Canada (à la Radio Canada) qui gobe l'argent et ne donne pas grand chose en retour. Peut-être des crédits d'impot pour les investissements en commerce électronique?

Le prix de l'iternet doit baisser et l'accèssibilité (et la vitesse) doit augmenter. Si je regarde ma facture, je paye beaucoup plus pour Internet que pour la TV. Ce n'est pas normal...

Les grandes villes Canadiennes doivent avoir de nombreuses zones sans-fil (prenez exemple sur San Francisco). Les gouvernement peuvent subventionner des organismes comme ile-sans fil qui sont déjà en place et TRÈS efficaces! Il n'y a pas de bureaucratie, juste de la volonté de faire avancer les choses! Il ne manque que de l'argent - et pas beaucoup!

Le contrôle de l'Internet par les fournisseurs doit stopper. Je suis désolé mais c'est pas à eux à faire la police. Ce n'est pas le ministère du transport qui fouille vos coffres de voiture pour vérifier si vous transportez de la drogue, c'est la SQ. Même chose pour les fournisseurs, ce n'est pas leur travail. On met souvent (TRÈS) à tord la faute sur le P2P alors qu'il s'agit d'une technologie comme FTP, HTTP, IM, IRC, etc. Il ne faut pas mélanger les deux et malheureusement trop de gens le font - par ignorance?

C'est une drole de comparaison mais c'est comme s'il faudrait bannir les gros camions car ils permettent aux voleurs de voler plus de matériel. On voit bien que ca n'a pas de sens... Ce n'est pas le camion qui vole (ni le P2P) c'est la personne. Et encore la, ce n'est pas au ministère (ni au FAI) de vérifier le contenu. C'est la SQ dans le cas du camion ou la GRC dans le cas de l'Internet.

L'internet est le far-west et doit demeurer le far-west. Je ne suis absolument pas pro-piraterie mais simplement pro-liberté. C'est le seul endroit où le gouvernement n'a pas mis son nez et c'est bien comme ca! Et ceux qui font les cons devront être pendus :)

Bref, je pourrais continuer longtemps mais je dois aller diner :)
wako901, 04 mars 2009 à 12h24
Faut quand-même pas délirer: cette soi-disant ?pression? pour réglementer l?Internet ne provident en fait que d?une petite mafia de l?UDA, qui a trouvé un allié chez les apparatchiks fédéraux pour préserver leurs intérêts corporatistes.

Entre ces 'socialistes' aux doigts crochus, et les obsédés du contrôle social et des « politiques culturelles », on finit toujours par s'entendre.

Quand il s'agit « d'encadrer » les libertés individuelles, au nom du « bien commun », souverainistes québécois et fonctionnaires fédéraux se retrouvent invariablement du même côté.

Autrement dit, les artistes veulent forcer les internautes à payer plus cher leur facture mensuelle afin de financer leur productions dont personne ne veut.

Après tout si l'état chinois est capable de contrôler l'accès à Internet, alors le gouvernement canadien peut également le faire...

Je pense heureusement que les particularités de la technologie Internet (ex. délocalisation & virtualisation) permettront de déjouer ces sombres plans, ou de rendre leur mise en oeuvre tellement pénible pour les usagers qu'ils mourront de leur belle mort, un peu comme les DRMs.
pympau, 04 mars 2009 à 12h54
«Plusieurs veulent une plus grande implication du gouvernement. (...)» Les seules bonnes interventions gouvernementale possibles serait d'assuré la neutralité du Web et de retirer des industries le contrôle des infrastructures permettant l'accès au web. Pour le reste les gouvernements ne devraient pas chercher à règlementer quelque chose qui, bien franchement, ils ne comprennent pas.

Je suis prêt à baser tout mon ou mes votes à venir sur ce seul enjeu, qu'importe le partie, qu'importe le reste du programme. On est à un moment-clé de l'histoire et «saboté» l'internet, une des plus grand inventions, si pas la plus grande, serait trop grave et dangereux. Le web est le meilleurs outil de démocratisation, de création et de communication à notre disposition, ne le transformons pas en «télé à la carte» ou il faut payé pour avoir accès aux postes (en l'occurrence des sites webs.)
rpapi, 04 mars 2009 à 12h54
L'État doit-il s'impliquer dans le contrôle de l'Internet. Absolument.
bienaucontraire, 04 mars 2009 à 12h53
Bien c'est plus gros que ca. Beaucoup plus gros. Les gouvernements devraient s'entendre ensemble pour créer une sorte d'ONU de l'internet...
Mathieu-Gilles, 04 mars 2009 à 13h07
Oh non, pas le gouvernement, ça va ajouter un autre 20,000 bureaucrates et nos taxes vont augmenter encore.

jeanpeupue, 04 mars 2009 à 13h45
Je suis certain que le gouvernement du Québec doit régir l'Internet au Québec, dont la première des choses est de forcer les entreprises de télécommunications dont Bell à donner l'accès à la vrai technologie comme l'accès à la haute vitesse ou la fibre optique et à leurs juste valeurs. On est un des pays qui payons le plus cher cette connexion et soyons à la traîne concernant la vitesse.

Le deuxième point, nous devons soutenir notre économie en permettant à des entreprises Québécoises de rivaliser envers des entreprises comme Amazone, Itunes, etc... Ce sont des aspects qui aident à une relance de l'économie quand ont investi et achète dans notre économie intérieur.

Ld'esprit envers l'Office que troisième, M. Christian Laforte prouve par son étroitesse envers l'Office québécoise de la langue française(OQLF). Il y a 20 ans, il était très difficile d'avoir des logiciels en français et il y a 10 ans, ils étaient quand même rare. La plupart des entreprises fournissent encore à leurs employés des systèmes d'exploitations windows et des claviers en anglais aujourd'hui. Il y a des entreprises installées au Québec qui ont leur site Internet unilingue anglais. Au Québec, on commence depuis une dizaine d'années à concevoir que le domaine de l'informatique peut se vivre en français. Ce n'est pas le temps de laisser l'anarchie de la libre entreprise faire reculé le fait français dans ce domaine des communications qui fait partie du quotidien de la population.
Lynxar2000, 05 mars 2009 à 07h17
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