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Un juge ordonne à un accidenté de dévoiler sa page Facebook

Tristan Péloquin, La Presse
21 mars 2009 | 07 h 49 | 6 commentaires

Vous pensez que votre profil Facebook n'est accessible qu'à vos amis? Détrompez-vous. Un juge de la Cour supérieure de l'Ontario vient d'ordonner à un homme victime d'un accident d'auto de dévoiler de grands pans de la section privée de son profil à la conductrice qui a provoqué ses blessures.

Pour en savoir plus
Facebook | Réseautage social | Sites Internet

La décision, qui ouvre la porte à des «expéditions de pêche» sur le site de réseautage tant au Québec qu'en Ontario, ne surprend ni les experts ni les assureurs.

 

L'affaire est en lien avec un accident d'automobile survenu en 2004, à Lindsay, en Ontario. La victime, John Leduc, a poursuivi la responsable de l'accident, Janice Roman, pour «perte de jouissance».

En septembre 2007, alors qu'il témoignait devant un psychologue, M. Leduc a affirmé ne pas avoir beaucoup d'amis, «sauf sur Facebook». À la suite de cette affirmation, les avocats du défendant ont demandé à avoir accès à la section privée du profil Facebook de la victime. «C'est clairement une expédition de pêche», a d'abord indiqué un protonotaire de la Cour supérieure de l'Ontario. Le juge Brown a toutefois conclu le contraire: «M. Leduc (la victime) exerce un contrôle sur l'information qu'il affiche sur le site pour le bénéfice de ses «amis». Il est raisonnable d'inférer que le site de réseautage social contient des éléments pertinents pour déterminer si la qualité de vie de M. Leduc s'est dégradée depuis le jour de l'accident», écrit-il.

Facebook est un site de réseautage sur l'internet, sur lequel les membres étalent leur vie privée, discutent entre eux et affichent des photos. Ce sont les utilisateurs qui décident à qui, et dans quelle mesure, ils donnent accès à ces informations. Que les profils sur Facebook soient semi-privés ou non n'y change rien, estime Pierre Trudel, titulaire de la Chaire de recherche en droit public de l'Université de Montréal. «Cette décision confirme un principe de justice bien établi. Si un document existe, et que le fait de le produire devant le juge peut aider à résoudre un litige, il sera révélé», croit-il.

Les assureurs ne se gêneraient pas

Selon le vice-président aux affaires québécoises de l'Association canadienne des compagnies d'assurance de personnes, Yves Millette, il est clair que les compagnies d'assurances pourraient, en cas de litige avec des clients, obtenir de façon semblable de l'information qui se trouve sur un profil Facebook ou de tout autre site web de réseautage. «Si c'est obtenu selon les règles de preuve et si c'est pertinent, bien sûr qu'un assureur peut s'en servir en cas de litige», affirme-t-il.

Au Québec, une poursuite identique à celle survenue en Ontario est impensable, en raison du régime d'assurance automobile sans égard à la faute en vigueur ici. Mais une multitude d'autres cas d'espèce pourraient se produire. «Si, par exemple, une personne qui est déclarée invalide (et perçoit un revenu de son assureur) se vante sur Facebook de ses prouesses sportives, un assureur pourrait se servir de cette information-là», assure M. Millette. Après tout, pourquoi s'en priverait-il?

 

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Commentaires (6)
.....il faut etre très prudent avec nos amis de facebook,,,
marie-madelaine, 19 mars 2009 à 08h29
Nos "amis" ....

Alors il deviendra a la court de déterminer alors la définition d'un ami de façon légal .

Donc je peux dire au juges que je ne possède que des liens , des connaissances et non pas des amis ou bien des contacts ou encore des correspondants .

De plus tout ce qui est dit sur fessebook ne constitue pas une déclaration officiel et véritable donc encore moins légal . Tout cela n'est qu'argumentation .

Comme l'avocat l'a si bien dit , c'est une partie de pêche ou des maux de jeux .
stvcc, 19 mars 2009 à 10h33
J'ai quelques réserve là-dessus.

Je ne comprend pas en quoi les informations sur un profil facebook peuvent servir de "preuve". À ce compte si j'ai à faire face à une situation semblable à celle de M. Leduc, je vais m'assurer de changer quotidiennement mon profil pour démontrer à quel point ma vie est un enfer depuis l'incident.

Même si la page FB de M. Leduc indique qu'il est heureux et que sa vie est belle, est-ce qu'il serait possible que ce ne soit qu'une facade ? Qu'il tente de dégager une image positive de lui-même sur le réseau social afin de facilité les échanges ?

Tant qu'à y être on pourrait aussi faire témoigner le commis d'épicerie qui lui demandais toutes les semaines "comment ça-va ?" et à qui il répondait invariablement "bien, merci".
patthebrat, 19 mars 2009 à 10h45
Le type n'a qu'à modifier ses données avant de donner accès. Sinon il n'a qu'à dire qu'une partie de ce qu'il raconte n'est pas vrai mais seulement pour se rendre intéressant et obtenir (ou collectionner) des amis. Ensuite, il modifie son accès ou même ferme son compte et s'en ouvre un autre. Des gens pris en Justice et contre qui le Procureur avait apporté en preuve des courriels et des messages sur un forum s'en sortent en disant justement ça : faut pas croire tout ce qu'on lit, tout ce que les gens écrivent, de la même manière qu'on ne croit pas tout ce que les gens disent.
Drakwlf, 19 mars 2009 à 13h28
Ce qu'une personne écrit est effectivement sujet à cautions. Cependant des photographies montrant quelqu'un en train de faire du ski nautique ou du snow board pourrait facilement prouver que cette même personne est apte au travail...
djrixmix, 20 mars 2009 à 07h30
Bonjour Tristan,
Je suis sur Facebook depuis assez longtemps pour dire que sur ton profil, tout ce que Facebook exige de chaque utilisateurs, son véritable nom, sa ville et son pays. Ils nous avisent également que si un juge ou un avocat avec un mandat en bonne éduforme, Facebook ouvre la porte au profil de la personne dont le nom figure sur le mandant. Donc, Facebook a déjà refusé, au Québec, l'accès à plusieurs avocats sans mandats, en leur disant que seul munis d'un mandat peut etre autorisés à voir le profil.
Cependant, sur une page de profil, si un avocat se retrouve sur ta page de profil et bien tout ton réseaux est à leur disposition mais ils ne peuvent aller naviguer sur chaque profil de ton reseaux, tous ce qu'ils peuvent faire, c'est de constatés les conversations sur le mur et pas accès aux boites de réceptions. Alors, cela ne donnent qu'une mince apercue et moi, sur Facebook, depuis que j'y suis, j'en ai démasquée 3 et signalée immédiatement au Développeurs de Québec la supercherie et croyez-moi, M. Péloquin, dans les heures qui ont suivis ma plainte fondé, ils avait tous supprimés.
Mais, il y a un gros trou sur Facebook, premièrement tu te doit d'etre capable de discerner le vrai du faux, en posant des questions normales et plus le contact est régulier, tu poses de plus en plus de questions et la oup, tu découvres que cette connaissance (car moi le mot amies ou amis désolée mais l'amitié ne se fait pas comme ca) à deux langages, alors tu le surprend immédiatement en le mettant devant ces fausses réponses, et la tu voies la personne vraie. Ce que peux de gens savent, ces que les utilisateurs de ce site est bon, mais ils se disent entre-eux qu
ceryzia, 20 mars 2009 à 07h30
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