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La presse se rebelle contre l'info gratuite sur l'internet

Chris Lefkow, Agence France-Presse (Washington)
10 avril 2009 | 12 h 07 | 8 commentaires
La révolte gronde parmi les patrons de presse américains qui en ont assez de... (Photo: Photothèque La Presse)
Photo: Photothèque La Presse

La révolte gronde parmi les patrons de presse américains qui en ont assez de voir fondre recettes publicitaires et abonnements au profit de sites internet d'information gratuits qui pillent allègrement leurs médias, en toute illégalité... et quasi-impunité.

Mais cette déclaration de guerre n'est-elle pas trop tardive? Les analystes sont partagés: certains estiment qu'il est plus que temps de lancer une contre-offensive et de défendre la propriété intellectuelle.D'autres pensent que le modèle économique de la presse écrite est obsolète. Combattre la gratuité et internet en 2009, c'est perdre son temps et jouer les don Quichotte contre les moulins à vent, relèvent-ils.

«Nous sommes fous furieux et nous n'allons plus nous laisser faire,» a lancé le patron d'Associated Press (AP), une coopérative de plus de 1.400 journaux.

«Nous ne pouvons plus nous contenter de regarder les autres voler notre travail en utilisant de fausses théories légales,» a souligné Dean Singleton lors d'une rencontre de l'Association Américaine des Journaux à San Diego (Californie, ouest).

AP a annoncé en début de semaine prévoir des actions en justice à l'encontre des sites internet qui publient ses informations sans autorisation.

L'agence n'a cité aucun site en particulier, mais de nombreux journaux américains ont critiqué ouvertement des agrégateurs comme Google News.

«Doit-on permettre à Google de piller nos droits d'auteur?», a clairement demandé le magnat des médias Rupert Murdoch, propriétaire entre autre du Wall Street Journal (WSJ) et du New York Post.

«Merci, mais non merci,» a ajouté le patron du groupe News Corp..

Certains sites sont comme «des parasites ou le ver solitaire dans les intestins d'internet,» a renchéri crûment Robert Thomson, le gérant du WSJ, dans un entretien au journal The Australian.

«Certes, le public a été encouragé --à tort selon moi-- à considérer comme acquis la gratuité de tous les contenus», a-t-il dit. «Et c'est bien sûr de l'intérêt d'agrégateurs comme Google de profiter de cette perception erronée», poursuit-il.

Le PDG de Google Eric Schmidt, venu mardi rencontrer les patrons de presse à San Diego, s'est dit optimiste sur l'avenir de la presse, en dépit d'une série de fermetures et de faillites aux Etats-Unis. En revanche, il s'est montré très sceptique sur la possibilité de voir les lecteurs payer pour des informations en ligne.

Rappelant aussi qu'AP avait des accords de licence de plusieurs millions de dollars avec Google, M. Schmidt a dit espérer que ces accords perdureraient.

L'Agence France-Presse a également des accords de licence avec Google.

Alexander Macgillivray, un avocat du groupe internet américain, a par ailleurs assuré que Google News favorisait la consultation des sites des quotidiens.

Selon l'Association Américaine des Journaux, les recettes publicitaires de la presse écrite ont chuté de 17,7% et même la publicité en ligne a reculé de 1,8%.

«Ce que fait AP maintenant, comme beaucoup d'autres journaux, c'est trop peu et trop tard face à la menace d'internet,» estime Tom McPhail, professeur à l'université du Missouri, à Saint Louis (centre).

«La justice est trop lente,» confie M. McPhail à l'AFP. «Ils ont besoin d'une victoire rapide, et ils ne vont pas l'obtenir.»

Plus caustique, l'analyste Peter Kafka écrit sur son blog MediaMemo consacré à l'actualité des médias: «AP s'en prend à Google (... et) dit à internet de ne pas marcher sur ses plates-bandes», suggérant l'inanité selon lui d'une telle contre-offensive.

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Commentaires (8)
Gang de frustrés!!!
pois_chich, 08 avril 2009 à 12h58
L'information n'appartient pas aux journaux. Elle appartient au gens impactés et à la société. Faire payer les gens pour de l'information est totalement ridicule.

S'ils veulent faire de l'argent, eh bien qu'ils changent leur modèle d'affaires en offrant un service d'information en temps réel un peu comme Reuters ou Bloomberg le fait.

Même chose avec les annuaires, l'information est publique mais les pages jaunes arrivent très bien à la donner (et la livrer!) gratuitement à tous les citoyens du pays. Est-ce qu'ils pleurent à cause des site web? Eh non...
wako901, 08 avril 2009 à 13h10
Dans tout cela ...

Google paye les news qu'ils reçoivent ou bien font un lien ver le site officiel avec la pub qui s'en suit ..

L'information appartient à celui qui rapporte le fait ... si parmi eux certain sont payé pour le faire d'accord ... si d'autres publient de façon gratuite la même info mais de sources différentes ... et c'est moralement tout aussi acceptable .

SI A.P. voit son travail utilisé sans autorisation ailleurs et bien qu'ils sévissent ... Mais si par contre l'info vient d'un journaliste indépendant qui rapporte la même nouvelle et que ce même journaliste publie gratuitement sa primeur et bien tent pis pour A.P . c,est simple mais la lois de la gratuité passe avant les profits .


les services nouvelles qui se respectent ont pignon sur rue virtuel et offrent un services de nouvelles en ligne " en temps réel " comme l,à précédemment dit wako .. AP a juste a s'ouvrir son site WEB et a partagé les profit de la pub avec les journalistes impliqué ...

stvcc, 08 avril 2009 à 13h26
LOL , c'est comme 10 ans trop tard
re3e, 08 avril 2009 à 14h39
Le problème, et il est majeur, c'est que toute l'information "gratuite" publié sur internet provient à un certain point de quelqu'un qui a simplement été informé par un média traditionnel. Pour savoir ce qui se passe il faut payer des journalistes à quelque part.

Quand on lit sur un évènement sur Wikipedia, c'est parce qu'à un certain point il y a des journalistes qui ont rapportés des faits.
Remington, 08 avril 2009 à 14h39
Wow, c'est la preuve que la presse aussi est dépassée par la technologie. Ils croyaient vraiment qu'en changeant un abonnement papier par un abonnement virtuel, ça règlerait leur problème soudain de chute d'abonnés?

C'est le foutu même problème que le piratage... on vend moins de DVD et de CD... mais on a entendus parler de quelque chose qui s'appelle BitTorrent... hmmm, poursuivons-les, ils sont la source de notre problème... 5 ans trop tard...

Ça c'est quand on est désespérés, on fait des coups stupides comme ça. Ton DVD je peux l'enregistrer à partir de ma télé (gratuit et légal, je peux même l'enregistrer en HD), je peux juste le regarder à partir de ma même télé (encore gratuit), je peux le louer, je peux écouter la seule bonne toune de votre CD à la radio (standard, hybride, satellite)... désolé pour les artistes qui font des bons albums! :)

Pour votre journal, et bien je peux prendre le ti-journal, qu'on me refile au coin de la rue et connaître les grandes lignes de la journée (moins les niaiseries de télé-réalité), avant d'entrer au bureau 2 coins de rue plus loin. Ce concept c'est la même chose sur internet. La gratuité facilite plein de choses, dont la lecture d'articles. Si j'ai besoin de plus, j'acheterai un journal complet.

De toute façon, avec mon abonnement, quelle garantie ai-je que mes données personnelles ne seront pas volées un jour ou l'autre? Que ferez-vous avec mes données lorsque vous serez désespérés (c'est aujourd'hui ça!). les refilerez-vous à vos filiales et partenaires pour qu'ils polluent ma boîte d'offres "désespérées" aussi?

Avalez votre pillule sur la gratuité de l'info et soyez innovateurs, pas provocateurs...
darcinte, 08 avril 2009 à 15h01
Et si le modèle économique de la presse écrite était obsolète, tout comme le pétrole, GM, certaines banques et le Pape de Rome?

«Il semble que nous soyons debout sur le seuil d?un monde
exaltant où la tribu des hommes retrouvera l?unité fondamentale de la
famille; la conscience humaine, libérée des fers que lui imposait
la culture de l?ère mécanique, s?épanouira dans le cosmos.»
Marshall McLuhan, 1969.
slowmou, 14 avril 2009 à 07h06
La presse n'a pas fini de se rebeller,bizarrement c'est sur cyberpresse.ca que nous lisons la nouvelle.
Jojo9, 14 avril 2009 à 07h06
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