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Les moments embarrassants survivent longtemps sur l'internet

Steve Lambert, La Presse Canadienne (Winnipeg)
16 avril 2009 | 14 h 41 | 7 commentaires
«Grâce» aux caméras de téléphones cellulaires et aux sites comme YouTube,... (Photo: Photothèque La Presse)
Photo: Photothèque La Presse

«Grâce» aux caméras de téléphones cellulaires et aux sites comme YouTube, «La fois où j'ai eu l'air le plus fou» peut nous poursuivre et nous accabler bien longtemps.

Il ne pourrait s'agir que de quelques secondes: vous perdez votre calme dans un magasin ou vous agissez en hurluberlu sur le chemin du retour après une soirée en ville.Il n'y a pas si longtemps, dans l'ère prénumérique, quelques passants auraient peut-être remarqué votre comportement, mais tout aurait été très vite oublié.

Cependant, à l'ère des caméras de téléphones cellulaires et des sites comme YouTube, un bref moment d'égarement peut rester longtemps sur Internet et être potentiellement vu par des millions d'internautes.

Et si voulez que ce moment si embarrassant soit retiré d'Internet, vous pourriez avoir à affronter vents et marées, ont averti des experts en respect de la vie privée.

Selon Brian Bowman, un avocat de Winnipeg qui se spécialise en droit relatif au respect de la vie privée, les gestes que nous choisissons de poser en public appartiennent à la sphère publique.

L'un des exemples les plus récents et notoires met en «vedette» une femme qui arrive dans un aéroport de Hong Kong, en février, et qui apprend qu'elle vient tout juste de manquer son avion. Alors qu'elle devient hystérique, un employé du transporteur aérien met en marche la caméra de son téléphone cellulaire.

La vidéo de trois minutes où on la voit hurler, éclater en sanglots et se jeter au sol a été vue des millions de fois sur YouTube et a été reprise par des réseaux de télévision à travers le monde. Le transporteur aérien s'est excusé pour les agissements de son employé, mais la vidéo demeure toujours disponible au public.

Et même s'ils se produisent dans des endroits moins publics, les gestes posés par une personne pourraient être pris sur vidéo et ensuite être partagés avec le reste du monde.

Ghyslain Raza, un adolescent de Trois-Rivières, en Mauricie, a enregistré une vidéo pour un projet pour son école secondaire dans laquelle il imite un personnage du film «La Guerre des étoiles» à l'aide d'un sabre laser. Quelqu'un a mis la main sur cette vidéo et l'a téléchargée sur YouTube, permettant aux internautes de la visionner et de commenter la performance de l'adolescent.

Les parents de Ghyslain Raza ont intenté des poursuites contre les parents de trois compagnons de classe qui auraient téléchargé la vidéo. L'affaire a été réglée à l'amiable en 2006, et aucune des deux parties n'a voulu dévoiler la teneur de l'entente. La vidéo de l'adolescent, toutefois, est demeurée disponible sur le site de YouTube.

La justice ne s'est toujours pas réellement prononcée en ce qui concerne le respect de la vie privée à l'ère de YouTube, a estimé l'avocate Monique St-Germain, également chargée de cours à temps partiel à la faculté de droit de l'Université du Manitoba. Et pour compliquer davantage les choses, les lois concernant la vie privée varient de province en province, et certains cas tombent dans le champ de compétence fédérale, où une autre loi prévaut.

Alors, que pouvez-vous faire si jamais le moment le plus embarrassant de votre vie est accessible au monde entier grâce à la magie d'Internet?

Commencez tout d'abord vos démarches auprès du site qui présente le matériel. YouTube, Google Vidéo et les autres sites Internet semblables ont des formulaires de plaintes que vous pouvez remplir.

Cependant, YouTube avertit que les vidéos filmées dans un endroit public sont considérées comme étant du domaine public. Le site demande également aux internautes désirant porter plainte de contacter tout d'abord la personne qui a téléchargé la vidéo et de lui demander de la retirer.

Vous pouvez aussi tenter de poursuivre la personne qui a filmé ou téléchargé la vidéo, mais la loi est, tout au mieux, vague sur le sujet, selon Monique St-Germain et Brian Bowman.

En fait, Me Bowman estime que la balle est maintenant dans le camp des politiciens.

«Il s'agit d'un enjeu qui prend de l'importance, d'affaires auxquelles nous allons assister de plus en plus, et je pense que la pression va s'accroître sur les législateurs, a-t-il avancé. L'utilisation de vidéos et de YouTube prolifère (...) et je crois que nos lois ne correspondent pas nécessairement aux attentes que la plupart des personnes auraient.»

Vous avez une nouvelle à nous communiquer ou encore une idée pour un reportage? Écrivez-nous à technaute@cyberpresse.ca.  

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Commentaires (7)
Moi quand je sors de chez moi. J'accepte que les 400-500 personnes que je croise sur la rue puissent me voir si je fais une connerie. Mais je ne consent pas a ce que cet acte soit vue par la planète entière et diffusé pour les 50 années à suivre. Il faut vraiment légiférer.

Les émissions de caméra caché doivent avoir une autorisation des personnes qui se font prendre avant de diffuser leur coup. Cela devrais être pareil pour les youtube de ce monde.
coolchef, 14 avril 2009 à 14h54
Si tu fais rien de mal me semble que tu as pas peur que ce soit sur youtube? Sinon on a ce qu'on mérite non?
gillesgilles, 15 avril 2009 à 07h20
Et quand est-il des photos ?

Pour mon emploi, quelques photos de moi apparaissaient sur le site internet de mon entreprise.

Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu'une amie m'a demandé "hein ! t'es inscris sur un site de rencontre ?" Alors après vérification, effectivement mes photos étaient bien là, avec un nom complètement différent du mien. Le droit à l'image existe t'il ? Est-ce possible de poursuivre la personne qui a utilisé mes photos. Et à combien de personne a t'il envoyé mes photos ? Je ne suis certainement pas le premier à qui ça arrive. Et à ce compte, sûrement pas le dernier.
guigui23, 15 avril 2009 à 07h20
Les émissions de caméra caché font de la mise en situation et les badauds réagissent à cela. On doit donc avoir leur autorisation avant de diffuser le film.

Si vous faites le c*n sur la rue sans que personne ne vous y incite, vous devrez assumer la portée de vos gestes! Un pensez-y-bien!!
rogiroux, 15 avril 2009 à 07h20

On a déjà légiféré :
Un jugement de la cour suprême a tranché sur le «droit à l'image» dans un lieu public. Au grand dam des créateurs d'ailleurs.
Si un documentariste, un photographe où un journaliste TV veut faire du reportage, il doit s'assurer d'avoir des consentements écrits de tout ceux qu'il capte ou les rendre anonymes par brouillage des visages.

Regarder quelqu'un pèter les plombs est une chose, le filmer et mettre ça sur le web c'en est une autre.

Mais un magasin, un aéroport, une cour d'école ou une classe, sont-ils des lieux publics? Ce n'est pas clair.

De beaux débats en vue et de juteux émoluments pour les avocats
goupil, 15 avril 2009 à 07h20
en voici un exemple éloquent, direct de Montréal http://www.youtube.com/watch?v=xqqnzDAp24I
cherze, 15 avril 2009 à 07h19
"Si tu fais rien de mal me semble que tu as pas peur que ce soit sur youtube? Sinon on a ce qu'on mérite non?"

1 - Tous a droit a l'erreur. Me péter la gueule sur une plaque de glace et que cela se retrouve sur youtube vu 1000 000 fois qui ensuite est repris par l'émission Vlog...il est où le mérite la-dedans? Qu'ai je fais de mal pour merité que la planete se bidonne?

Une fois j'ai arrêter un voleur qui avais fais blessé une dame en se sauvant. Coin Peel/Ste-Catherine. Le chamaillage a durée 5 minutes le temps que la police arrive. Cela aurait fais une très belle vidéo. Je n'aurais pas aimé que ce soit sur youtube. Je consentais a faire mon devoir de citoyen dans une situation ou j'avais 3 seconde pour évaluer quoi faire et ce devant les personne présente a ce moment précis.

Est-ce que dorénavant je devrais m'en laver les mains car vu que je suis en public et que je risque de me retrouver ridiculisé a la vu de toute la planète je devrais laisser filer le gars??? Je vais me dire, laissons un autres faire le cave. Ils étaient 40 a me regarder sans m'aider.

2 - L'espace publique de 2009 n'est pas le même. il faut nous protéger des dérapages. A qui profite ce droit de filmer tous ce qui est publique et de la diffusé a qui mieux mieux ? Pas le citoyen!
coolchef, 15 avril 2009 à 13h13
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