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YouTube : Zampino et Tremblay ciblés par des internautes

Sara Champagne, La Presse
15 juin 2009 | 11 h 41 | 5 commentaires
YouTube est devenu un endroit de prédilection pour qui veut déverser son fiel... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse)
Photo: Ivanoh Demers, La Presse

Le célèbre site internet YouTube est devenu un endroit de prédilection pour qui veut déverser son fiel contre les élus de Montréal et grands dirigeants municipaux. Depuis un mois, l'ancien président et bras droit du maire de Montréal, Frank Zampino, sert de cible dans une capsule vidéo intitulée Free Zampino.

Le maire Gérald Tremblay n'est pas non plus épargné, ni le grand dirigeant des pompiers de Montréal, Serge Tremblay, ni Benoit Labonté, chef de l'opposition, surnommé «Ti-Ben Labonté» sur YouTube.Sous le pseudonyme «Mon point de vue», un dénommé Gabriel Roy, 28 ans, de Brossard, coiffé d'une casquette mais à visage découvert, traite M. Zampino d'«ostie de crosseur». La capsule vidéo de deux minutes et demie a été visionnée près de 1000 fois depuis 30 jours et fait l'objet de plusieurs commentaires. L'internaute, dont le fan club compte plusieurs membres, a déjà mis une soixantaine de vidéos en ligne dans YouTube.

Dans le clip sur Frank Zampino, on voit des photos de Tony Accurso, codirigeant de GÉNIeau, le consortium qui a obtenu le contrat des compteurs d'eau, le plus important de l'histoire de Montréal. L'auteur du clip, qui se décrit comme «un emmerdeur internationalement reconnu», explique pourquoi il estime que Frank Zampino est en conflit d'intérêts. Il termine sa capsule en faisant un long doigt d'honneur à l'ancien responsable des finances de l'administration municipale.

Le porte-parole de Frank Zampino, Gilles Corriveau, de la firme Enigma, a visionné la capsule sur YouTube, hier après-midi, après que La Presse l'eut informé de son existence.

«Mon client n'est pas au courant, a dit M. Corriveau d'un ton dégoûté. Et je ne ferai pas de commentaires. Je ne sais pas encore si je vais l'informer. Vous savez, il est sans emploi aujourd'hui.» Il a fait remarquer que M. Zampino n'est plus un personnage public.

Pas le seul

D'autres capsules déplorant l'affaire des compteurs d'eau ont été mises en ligne sur YouTube au cours des derniers mois. Dans l'une d'elles, intitulée La croisière abuse, le maire Gérald Tremblay reçoit un titre pour sa «toujours non-participation», en allusion au nombre de fois où il a dit qu'il n'était pas courant de la croisière de M. Zampino sur le bateau de Tony Accurso.

Le bras de fer syndical des pompiers contre la direction du Service de sécurité incendie de Montréal s'est aussi transporté sur le site. Depuis trois mois, à raison d'une capsule vidéo par mois, des messages adressés au directeur Serge Tremblay sont mis en ligne.

La dernière capsule est diffusée sous le pseudonyme Fireman 362. Sur l'air de la chanson Sex Bomb de Tom Jones, dans une performance vocale pour le moins discutable, un chanteur traite à plusieurs reprises le grand dirigeant des pompiers de «petit roi».

Depuis qu'elle a été mise en ligne, la capsule a été visionnée plus de 500 fois. Les deux autres, mises en ligne à la mi-mars et à la mi-avril, ont été visionnées plus de 3000 fois.

À la direction du SIM, Louise Tremblay, chef de division et porte-parole du directeur, a expliqué à La Presse qu'elle était au courant de la campagne vidéo diffusée sur YouTube. Des informations ont été recueillies auprès du Service de police de la Ville de Montréal afin de faire retirer les capsules, a-t-elle dit.

«Pour le directeur, a-t-elle ajouté, ces messages qui portent atteinte à la vie professionnelle et personnelle des gens constituent un manque flagrant de respect et sont franchement dépassés. Serge Tremblay a toujours eu énormément de respect pour ses employés. Il estime que les capsules sont le fait d'une faible minorité de pompiers ou encore de certaines personnes qui ont des intérêts personnels et qui désirent entacher sa réputation.»

Joint en début de journée hier, le porte-parole de l'Association des pompiers de Montréal, Laurent Arel, a dit que le vice-président du syndicat, Alain Nault, n'était pas au courant des vidéos.

«Rappelez-nous la semaine prochaine», a demandé M. Arel, sans formuler d'autres commentaires.

Du côté du cabinet du maire de Montréal, son porte-parole, Martin Tremblay, a indiqué au sujet de la capsule La croisière abuse qu'il s'agissait d'un dossier «anecdotique». «Nos citoyens seront contents de savoir que nous avons d'autres priorités à traiter», a-t-il ajouté au nom de Gérald Tremblay.

Joint par La Presse, Gabriel Roy dit: «Si tu ne t'occupes pas de la politique, elle va s'occuper de toi.» «Je pense qu'on a le droit d'exprimer son opinion, mais il faut avoir le courage de montrer son visage et de donner son vrai nom, a-t-il dit. Ce qui arrive à Montréal est scandaleux. Ceux qui regardent mes vidéos sont généralement dans la vingtaine, et ils ont le droit d'être informés. Mais si M. Zampino veut me rencontrer, je suis prêt à prendre un café avec lui et à l'écouter.»

Règles sur YouTube

Sur son site, YouTube demande aux internautes de respecter plusieurs règles, notamment en matière de pornographie. On y précise aussi: «Les vols, persécutions, menaces, harcèlements, le non-respect de la vie privée ou la divulgation de données personnelles d'autres membres ne seront pas tolérés.» Un lien permet par ailleurs de signaler le contenu jugé inapproprié.

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Commentaires (5)
Le porte-parole de Frank Zampino, Gilles Corriveau, se dit dégoûté par le vidéo en question! Wow, il faut vraiment avoir du front tout le tour de la tête. Moi, ce qui me dégoûte, c'est que M. Corriveau essaie d'implorer la pitité du public avec des déclarations de la sorte : "Vous savez M. Zampino est sans emploi aujourd'hui". Vous voulez que le Québec se mette à pleurer devant le sort de votre protégé, M. Corriveau? Vous avez joué la carte de la victime il y a quelques mois avec cette mascarade comme quoi M. Zampino était une victime des médias. Et là encore la carte de la victime, du pauvre type qui n'a plus d'emploi et qui n'est plus un personnage public.

M. Zampino n'est pas une victime. Il s'est creusé lui-même sa tombe et il doit aujourd'hui en assumer les conséquences. Tant et aussi longtemps que M. Zampino refusera de rendre des comptes et qu'il continuera de prendre la population pour des imbéciles, M. Zampino devra assumer les conséquences de ses actes (et ce vidéo sur YouTube fait partie de ces conséquences). La population s'est sentie flouée et tant et aussi longtemps que justice ne sera pas rendue, M. Zampino devra assumer. Quand on crache en l'air, ça nous retombe dessus. Tant qu'à débiter des débilités de la sorte et perdre le peu de crédibilité qui vous reste, M. Corriveau, restez donc silencieux.
goldoche33, 15 juin 2009 à 08h05
Mais tellement pas bon comme vidéo.
cadman, 15 juin 2009 à 08h04
L.internet ne vient pas juste de changer la façon de faire de la politique, mais également la façon que ceux-ci doivent ce comporter dans la ville non seulement politique, mais également dans la vie quotidienne de chaque jour àtous qui veulent en faire que ce soit ou après leur passage en politique.

Donc, le seul et unique gagnant c'est la démocratie, c'est-à-dire nous tous, c'est devenu la façon moderne de mettre en contradiction pour ces politiciens verreux et leur souteneur.
gilbertrochon, 15 juin 2009 à 08h03
En fait, on parle de gestes commis dans l'exercise d'une fonction publique...

Si on n'attaque pas les criminels qui sont supposés être au service de la population de façon publique, ils s'en tireront toujours.

Il y a une ligne à ne pas franchir côté vie privée, oui, mais celle-ci concerne plus leurs familles, leurs proches, leur style/mode de vie, orientation sexuelle ou religieuse - bref, ce qui ne concerne pas leur travail. Les menaces physiques sont aussi à éviter, évidemment (et il n'y en a pas eu dan ces cas-ci).

Si nos dollars d'impôts paient leurs salaires, nous avons le droit d'exprimer nos opinions et sentiments à l'égard de la qualité de leur travail ou de leurs méfaits et écarts de conduite. Et la meilleure façon de le faire, et de décourager pareils agissements à l'avenir, est de ternir leur réputation professionelle.

Il en va de même pour les policiers criminels, les politiciens, les employés municipaux, les prêtres, les travailleurs en garderie.

Il est impératif que les gens au service de la population soient honnêtes, et pour les garder honnêtes, il faut qu'ils sachent qu'ils devront répondre de leurs actes. Sinon, ces emplois attireront toujours les gens croches.
livebabylive, 15 juin 2009 à 08h03
Tout ça ressemble à du vigilantisme (ou de l'auto-justice si vous préférez.) C'est un phénomène qui refait surface à chaque fois que les dirigeants politiques ne font pas face directement aux accusations portés contre eux par la presse ou les citoyens. On peut certainement dénoncer ce genre de comportement qui est souvent très démagogue et populiste à la Jeff Filion, mais on ne peut guère être surpris qu'il réapparaisse quand on voit comment se comportent les politiciens et dirigeants qui sont impliqués. Ultimement, leur manque de transparence et leur arrogance doit trouver une voie de sortie chez les citoyens. Et cette voie, c'est maintenant Youtube et les blogues. Demain , ce sera autre chose.
rollyu, 15 juin 2009 à 12h15
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