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Fureur contre Google et sa bibliothèque numérique

William Ickes (Francfort)
21 octobre 2009 | 08 h 05 | 4 commentaires
Des visiteurs de la foire du livre de... (AFP)
Des visiteurs de la foire du livre de Francfort - AFP

Le géant de l'internet Google a suscité l'ire à la 61e Foire du livre de Francfort en y défendant son projet de scanner des millions de livres pour en faire une bibliothèque virtuelle.

Pour en savoir plus
Amazon.com | Google | Moteurs de recherche

Roland Reuss, professeur de littérature à l'Université de Heidelberg (sud-ouest de l'Allemagne), est l'un de ceux qui dénoncent l'ambition de Google de numériser quantité de livres épuisés ou difficiles à trouver pour les proposer ensuite sur internet et encaisser des bénéfices via la publicité.

«C'est du n'importe quoi de A à Z, de la propagande hystérique», dit M. Reuss, qui met en garde contre le risque d'anéantir ainsi l'édition traditionnelle : «Vous révolutionnez le marché (du livre), mais le prix à payer est la démolition de ceux qui les produisent».

Un responsable de Google en Grande-Bretagne, Santiago de la Mora, rétorque : «Nous résolvons l'un des grands problèmes mondiaux, le fait qu'un livre introuvable c'est presque un livre mort».

Selon lui, le projet de Google va «faire revivre ces livres en les rendant plus visibles pour 1,8 milliard d'utilisateurs d'internet, d'une manière très bien maîtrisée».

Le projet de bibliothèque numérique Google Books rencontre aux Etats-Unis et en Europe de nombreux opposants, inquiets d'une violation des droits d'auteurs.

Fin 2008, auteurs et éditeurs américains avaient conclu avec Google un accord sur l'exploitation de ces titres mis en ligne et la rétribution des revenus publicitaires en découlant. Mais au nom des droits d'auteur, le ministère américain de la Justice leur a ordonné de revoir leur copie. Le débat se poursuit devant la justice à New York. Un jugement est attendu en novembre.

L'accord passé fin 2008 a aussi été contesté par les gouvernements français et allemands. Les éditeurs européens et les pouvoirs publics estiment que Google a violé les lois en vigueur dans l'Union européenne en scannant sans autorisation préalable 10 millions d'ouvrages, dont certains issus d'Europe.

«Avant tout usage commercial d'une oeuvre, il faut demander la permission», argue Christian Sprang, avocat de l'Association des éditeurs et libraires allemands.

Interrogé par l'AFP sur ce débat, le commissaire européen chargé du multilinguisme Leonard Orban estime qu'«il faut assurer l'accès du public aux livres, si possible gratuitement, mais il faut aussi protéger les auteurs».

À Francfort, Google a aussi cristallisé les tensions en confirmant le lancement en 2010 en Europe de son service Google Editions, qui permettra de télécharger des livres entiers sur son téléphone mobile ou tout lecteur numérique.

Alors qu'Amazon.com a déjà lancé le service Kindle, la perspective d'un nouveau concurrent fait craindre aux éditeurs un effondrement des ventes de livres «classiques». Selon les pronostics du secteur, les livres électroniques devraient faire partie des cadeaux les plus courus de la saison de Noël.

Pour les éditeurs, Google Editions s'annonce plus menaçant qu'Amazon: tout appareil électronique doté d'un navigateur web --des smartphones aux livres électroniques en passant par les ordinateurs, portables ou pas-- pourra avoir accès au catalogue de Google Editions.

L'acquisition d'ouvrages lisibles sur livres électroniques Kindle ne peut, elle, se faire que via Kindle.

Selon Google, environ 500 000 ouvrages seront disponibles dès le premier semestre 2010 en Europe.

Laurent Picard, co-fondateur du groupe français Booken, qui présentait à Francfort son modèle électronique Cybook Opus, estime que Google et Amazon «auront une grosse mainmise sur les éditeurs» et pourraient commencer à influencer les prix de l'édition au moment où les versions papiers entameront leur déclin.

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Commentaires (4)
Je ne vois pas ce qui est négatif dans la librairie internet de Google. Oui les vendeurs de vieux livres vont faire faillites mais c'est le pris a ne pas évoluer technologiquement. Ses ouvrages rares serviront a augmenté l'intelligence collective de l'humanité.

Le seul problème c?est que c?est qu?une seule personne qui fasse de profit de cette activité. Google est une compagnie d?une tel envergure qu?il est impossible de la concurrencer facilement
snipe_power, 19 octobre 2009 à 10h30
L'édition papier va probablement suivre le même schéma que celui des disques vinyles qui sont tombés en désuétude au profit du numérique. Il va développer un marché niche qui va réduire la quantité de lectures disponibles... mais au profit d'une meilleure qualité de contenu et de matériel. Les meilleurs livres vont continuer à être imprimés sur un support de superbe qualité alors que les lectures les moins intéressantes ne se verront plus imprimées.

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.
mrb3, 19 octobre 2009 à 11h02
On s'entend que Google ne fera pas de piratage de livre sur son site. Les livres écrits en 1850 sont libres de droits même si une maison d'édition les re-publie à chaque année et les vends 25-35$. Et si un livre est introuvable, pourquoi les maisons d'éditions chiâlent t'elles? S'il y a véritablement un marché qui leur permettrait de faire un profit, qu'elles impriment, comme ça le profit de Google sera maintenant leur profit.

Si les intérêts de Google servent les miens mieux que ceux des maisons d'édition, tant mieux.
mattgilles, 19 octobre 2009 à 13h56
Bonsoir
Google édition deviendra t'il le plus pour la mémoire virtuelle des "chefs d'oeuvres en péril"?... Dans ce cas Google serait bien inspirer de pouvoir garder en priorité les livres techniques.
ClaudeFranceLeMans, 20 octobre 2009 à 07h17
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